Alimentation : les émotions mènent la danse

  • 27 Mars 2021
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Les aliments ne sont pas faits que pour nourrir notre organisme en lui apportant glucides, protéines et lipides : ils nourrissent aussi nos états d’âme, aident à calmer nos émotions et à nous faire du bien au moral. « Profitez-en ! », clament les spécialistes.

Qui n’a pas craqué devant une tarte aux fraises, salivé devant une côte de bœuf juteuse ou plongé la main sans pouvoir se retenir dans un paquet de chips ? « En tant qu’être humain, tout ce que nous faisons est guidé par nos émotions. Manger n’échappe pas à la règle », explique Gérard Apfeldorfer, psychiatre, psychothérapeute et spécialiste du comportement alimentaire, auteur de Manger en paix ! (éd. Poches Odile Jacob).

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Ces émotions alimentaires sont générées au cœur de notre cerveau, grand contrôleur de nos coups de fourchette. Leur but ? Nous pousser à manger les aliments qui nous procurent le plus grand plaisir une fois mis en bouche. « Ce n’est pas un hasard : on se rend compte que ces aliments qui attisent nos envies à un moment ou un autre sont en fait ceux qui contiennent les nutriments répondant à nos besoins ponctuels », assure le scientifique. Les enfants, par exemple, sont friands de sucré et de gras, comme l’était le lait de leur mère. Rien d’étonnant à cela : ils sont en train de grandir et ont besoin pour cela de consommer des aliments hautement énergétiques !

 

Mais d’autres types d’émotions, comme la tristesse, la joie, l’anxiété, peuvent interférer avec nos émotions alimentaires. « Les aliments ne sont pas faits que pour nourrir notre organisme. Ils sont aussi porteurs de représentations culturelles, familiales. Certains aliments, parce qu’ils nous rappellent par exemple notre enfance, sont bien plus « nourrissants » que ceux qui n’ont pas de sens pour nous », rappelle le psychothérapeute. Et lorsqu’un coup de mou se fait ressentir, ce sont bien évidemment sur ces aliments-là que nous nous jetons ! « Il n’y a pas de mal à craquer sur quelque chose qui nous fait plaisir. C’est même plutôt une bonne chose si cela nous apaise ! Le problème survient quand nous commençons à considérer ces aliments réconfortants, qui sont souvent gras et sucrés, comme des aliments interdits », assure-t-il. Le risque ? Développer ce que les spécialistes appellent la restriction cognitive : culpabilisés d’avoir mis un coup de dents dans un cookie, qu’on s’était pourtant juré d’arrêter, nous développons des émotions secondaires, comme de l’anxiété, qui nécessitent elles aussi d’être calmées… en reprenant du gâteau. « C’est un cercle vicieux. Manger en culpabilisant ne réconforte plus et on finit par manger sans pouvoir s’arrêter », commente Gérard Apfelforfer.

(Source : CM)