Guérir par la pensée : la preuve en 15 expériences :

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Depuis une dizaine d'années, les résultats s'accumulent. Et ils ne font aucun doute : l'esprit est bel et bien capable de soigner certains troubles, même les plus graves. Démonstration en 15 expériences.

Que la méditation, technique millénaire issue du bouddhisme, le neuro-feedback, pratique en vogue chez les adeptes californiens du New Age, et le placebo, effet connu de longue date dans l'industrie pharmaceutique sans que quiconque le prenne vraiment au sérieux, aient fini par convaincre les scientifiques de la réalité de leurs bénéfices est en soi une authentique surprise. Mais qu'en plus, leur action soit avérée sur des troubles aussi divers et importants que la dépression, la douleur, le stress, l'épilepsie, la maladie de Parkinson ou certains déficits immunitaires, voilà qui paraît presque incroyable. Et pourtant ! Les expériences menées par des chercheurs toujours plus nombreux à se lancer sur cette nouvelle piste se concluent par des résultats sans équivoque : l'esprit guérit bien une série de troubles, et des plus sérieux. Au point que, d'alternative, cette médecine apparaît désormais complémentaire de la médecine médicamenteuse, élargissant la panoplie thérapeutique des prescripteurs.

La preuve en 15 études parmi les plus convaincantes, qui font largement référence dans la communauté scientifique. Certaines démontrent avec des résultats statistiques solides l'efficacité de ces nouvelles façons de se soigner ; d'autres mettent au jour les mécanismes à l'œuvre dans le cerveau pour expliquer de tels effets. Toutes apportent en tout cas la preuve de ces pouvoirs guérisseurs de l'esprit, longtemps insoupçonnés.
La méditation modifie les circuits de réponse à la douleur

En 2009, Joshua Grant et Pierre Rainville, neuroscientifiques à l'université de Montréal (Canada), ont comparé la résistance à la douleur de 13 méditants expérimentés, totalisant plus de mille heures de méditation chacun, avec celle de 13 sujets lambda. Il s'agissait de presser une plaque de plus en plus chaude sur leurs mollets. Alors qu'à 53 °C, la douleur était jugée intolérable par les non-méditants, elle fut juste qualifiée de modérée par les méditants. L'exploration du cerveau de ces derniers, en 2011, a révélé une déconnexion entre des régions impliquées dans l'évaluation et l'anticipation de la douleur dans le cortex préfrontal (à l'avant du cerveau), et des zones profondes chargées de traiter l'information douloureuse, le cortex cingulaire antérieur, le thalamus et l'insula (voir IRM).
Le placebo active les mêmes zones du cortex que des opioïdes

En 2002, Predrag Petrovic, neurobiologiste au Karolinska Institute de Stockholm (Suède), a comparé les effets, dans le cerveau, d'un antalgique et d'un placebo. Tous les volontaires pensaient avoir reçu un opioïde dérivé de la morphine, mais certains n'ont reçu qu'un composé inactif. Un stimulus thermique douloureux leur a ensuite été infligé pendant que leur cerveau était scanné par tomographie par émission de positons. Que les sujets aient été sous antalgique ou qu'ils aient cru l'être, les mêmes zones du cerveau ont été activées (voir IRM), toutes impliquées dans le soulagement de la douleur par les opioïdes. Dans les deux cas, les sujets ont rapporté une diminution de la douleur ressentie.
Epilepsie, douleur, dépression, parkinson, déficits immunitaires... : les preuves d'une efficacité thérapeutique

© SOURCE : SCIENCE 2002

Cortex cingulaire antérieur rostral et tronc cérébral sont activés
Le neurofeedback permet de contrôler l'aire cérébrale impliquée dans la douleur

En 2005, le neuroscientifique Christopher DeCharms, à l'université Stanford, a entraîné 16 volontaires soumis à des stimulations thermiques douloureuses, et 12 patients atteints de douleurs chroniques, à contrôler l'activité d'une petite région impliquée dans la douleur et située en profondeur dans le cerveau, le cortex cingulaire antérieur rostral. Après plusieurs essais menés grâce à l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle en temps réel, tous les sujets ont été capables de contrôler l'activité de cette région (voir IRM) et ont rapporté une réduction de la douleur ressentie. Des résultats qui restent cependant à confirmer sur un plus grand nombre de sujets.
Epilepsie, douleur, dépression, parkinson, déficits immunitaires... : les preuves d'une efficacité thérapeutique

© SOURCE : PNAS 2012
Le neurofeedback diminue les crises

En 1999, à l'université de Tübingen (Allemagne), Boris Kotchoubey et Niels Birbaumer ont suivi, chez 27 patients atteints d'une épilepsie résistant aux médicaments, l'excitabilité des neurones par électro-encéphalographie.

Pendant 35 séances de trente minutes, les patients ont visualisé cette activité électrique en direct sur écran et ont appris à l'augmenter ou à la diminuer. Deux tiers d'entre eux sont parvenus à contrôler leur activité cérébrale.

Le nombre de crises a diminué en moyenne de 25 %, et jusqu'à 60 % chez 8 patients.
Epilepsie, douleur, dépression, parkinson, déficits immunitaires... : les preuves d'une efficacité thérapeutique

© SOURCE : CLIN . N EUROPHYSIOL . 1999
Le placebo réduit la rigidité musculaire en agissant à l'échelle du neurone

En 2004, Fabrizio Benedetti, de l'université de Turin (Italie), a mené une expérience inédite lors d'une opération d'implantation d'électrodes chez 11 patients parkinsoniens - la stimulation cérébrale profonde du noyau sous-thalamique, hyperactif dans la maladie, étant l'un de ses traitements classiques. Le neuroscientifique a enregistré l'activité neuronale avant, pendant et après l'injection d'un placebo, que les sujets pensaient être un anti-parkinsonien. Résultats : pour les 6 patients répondant positivement au placebo, la rigidité musculaire a diminué, en corrélation avec la réduction de l'activité neuronale, ce qui n'était pas le cas chez les patients insensibles au placebo (voir graphique).
Epilepsie, douleur, dépression, parkinson, déficits immunitaires... : les preuves d'une efficacité thérapeutique

© SOURCE : NATURE NEUROSCIENCE 2004
Le neurofeedback doperait la motricité

En 2011, à l'université de Bangor, au pays de Galles, la psychologue Leena Subramanian et le neuro-scientifique David Linden ont entraîné 5 patients parkinsoniens à renforcer l'activité d'une région cérébrale sous-activée dans la maladie. Allongés dans un scanner à imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, les patients visualisaient sur un écran, sous la forme d'un thermomètre, l'activité d'une zone située à l'avant du cerveau, liée à la planification et l'exécution des mouvements. Après deux sessions d'entraînement, les patients sont parvenus à contrôler leur activité cérébrale et leur motricité s'est améliorée. Chez 5 patients ayant suivi la même procédure mais sans feedback, aucune amélioration n'a été observée (voir graphique). Des résultats à confirmer.
Epilepsie, douleur, dépression, parkinson, déficits immunitaires... : les preuves d'une efficacité thérapeutique

© SOURCE : THE JOURNAL NEUROSCIENCE 2011
La méditation accroît l'effet de la vaccination

En 2003, le psychologue Richard Davidson (université du Wisconsin, Etats-Unis), a comparé la réponse immunitaire de méditants (entraînés pendant huit semaines à la méditation de pleine conscience) et de non-méditants après un vaccin contre la grippe.

Avant et après cet entraînement, l'activité électrique du cerveau de tous a été enregistrée. Quelques semaines après le vaccin, la production d'anticorps - donc la réponse immunitaire - était supérieure chez les méditants (voir graphique]. Qui montraient aussi une plus forte activation des régions avant-gauche du cerveau, impliquées dans les émotions positives. Plus ces zones s'activaient, plus la réponse immunitaire était forte.
Epilepsie, douleur, dépression, parkinson, déficits immunitaires... : les preuves d'une efficacité thérapeutique

© SOURCE : PSYCHOSOM . MED . 2003
Le placebo atténue les réactions allergiques

En 2009, la psychologue Marion Goebel, de l'université de Duisburg-Essen (Allemagne), a incité des patients allergiques à boire tous les jours pendant cinq jours une boisson X, juste avant de recevoir leur antiallergique. Neuf jours plus tard, les sujets ont été divisés en trois groupes: le premier prenait de l'eau puis un placebo; le deuxième, la boisson X puis le placebo; le troisième, de l'eau puis le véritable médicament. Résultat: l'activation des basophiles, des globules blancs qui interviennent pendant la réaction allergique, a diminué dans le sang des patients des groupes 2 et 3 (voir graphique). La boisson X a donc conditionné les patients à répondre au placebo.
Epilepsie, douleur, dépression, parkinson, déficits immunitaires... : les preuves d'une efficacité thérapeutique

© SOURCE : PSYCHOTHER . PSYCHOSOM . 2008
Le placebo atténue les réactions allergiques

En 2009, la psychologue Marion Goebel, de l'université de Duisburg-Essen (Allemagne), a incité des patients allergiques à boire tous les jours pendant cinq jours une boisson X, juste avant de recevoir leur antiallergique. Neuf jours plus tard, les sujets ont été divisés en trois groupes: le premier prenait de l'eau puis un placebo; le deuxième, la boisson X puis le placebo; le troisième, de l'eau puis le véritable médicament. Résultat: l'activation des basophiles, des globules blancs qui interviennent pendant la réaction allergique, a diminué dans le sang des patients des groupes 2 et 3 (voir graphique). La boisson X a donc conditionné les patients à répondre au placebo.
Epilepsie, douleur, dépression, parkinson, déficits immunitaires... : les preuves d'une efficacité thérapeutique

© SOURCE : PSYCHOTHER . PSYCHOSOM . 2008
Le neurofeedback jugule l'hyperactivité

En 2009, le psychologue Martijn Arns et son équipe de l'université Nijmegen, aux Pays-Bas, ont réalisé une méta-analyse de la littérature scientifique afin d'évaluer l'efficacité du neurofeedback dans le traitement du trouble de déficit de l'attention avec hyper activité (TDAH). Sur plus de 200 études publiées en dix ans, seules 15 ont été retenues, les plus rigoureuses scientifiquement. Leur analyse a démontré que le neurofeedback réduit efficacement l'impulsivité et l'inattention, et moyennement l'hyperactivité. Selon les auteurs, cette technique est " efficace et spécifique " pour traiter le TDAH.
La méditation limite les rechutes

En 2010, le psychologue Zindel Segal, du Centre pour l'addiction et la santé mentale de Toronto, a mesuré les effets de la méditation de pleine conscience contre les rechutes dépressives. Son équipe a suivi 84 patients ayant pris des antidépresseurs jusqu'à rémission de leurs symptômes. Un tiers a ensuite poursuivi son traitement, un tiers a pris un traitement factice, et un tiers a suivi une thérapie cognitive basée sur la méditation de pleine conscience. Dix-huit mois plus tard, 70 % des patients ayant pris le traitement factice ont rechuté, contre 30 % de ceux ayant pratiqué la méditation ou pris des antidépresseurs (voir graphique).
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© SOURCE : ARCH . GENSY . 2010
Le placebo modifie les mêmes aires cérébrales qu'un antidépresseur

En 2002, la neurologue Helen Mayberg a comparé, dans le cerveau de 17 patients dépressifs, l'action d'un antidépresseur (la fluoxétine) avec celle d'un placebo. Avant et après six semaines de traitement, elle leur a fait passer un scanner par tomographie par émission de positons, afin de visualiser leur activité cérébrale.

Le scanner a révélé que des régions communes étaient modifiées (augmentation ou diminution d'activité) en réponse à la fluoxétine ou au placebo (voir scanner).

De quoi mieux comprendre pourquoi, dans les études sur les antidépresseurs, les améliorations observées sont dues pour près de 51 % à l'effet placebo.
Epilepsie, douleur, dépression, parkinson, déficits immunitaires... : les preuves d'une efficacité thérapeutique

© M.KONTENTE
Le neurofeedback aide à réduire les symptômes dépressifs

En 2012, le neuroscientifique Rainer Goebel et le psychiatre David Linden ont entraîné 8 patients dépressifs à contrôler l'activité d'une région cérébrale impliquée dans la genèse des émotions positives, l'insula ou le cortex préfrontal, grâce à l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle en temps réel. Après 4 séances hebdomadaires d'une heure, les patients ont appris à augmenter volontairement l'activité de cette région et montré une réduction de leurs symptômes dépressifs (voir graphique). Des résultats préliminaires qui devront être confirmés sur un plus grand nombre de patients, et comparés aux effets des antidépresseurs.
Epilepsie, douleur, dépression, parkinson, déficits immunitaires... : les preuves d'une efficacité thérapeutique

© SOURCE : PLOSO 2012
La méditation permet de mieux gérer les émotions

En 2012, Gaëlle Desbordes, du Centre Martinos d'imagerie biomédicale dans le Massachusetts, a exploré les effets de la méditation sur l'amygdale, une structure cérébrale impliquée dans la gestion des émotions. Avant et après un entraînement de huit semaines à la méditation de pleine conscience, 12 participants sont passés au scanner afin que soit enregistrée l'activité de leur cerveau pendant le visionnage d'images à contenu émotionnel positif, négatif ou neutre. Résultat : quel que soit le type d'images, leur amygdale s'activait moins que celle de non-méditants (voir graphique).

" Cela suggère moins de stress et d'anxiété, plus de calme et d' équanimité chez les individus ayant pratiqué la méditation de pleine conscience ", conclut la neuro scientifique.
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© SOURCE FRONT . H UM . NEUROSCI . 2012
Le placebo mobilise le cerveau contre l'anxiété

En 2005, Predrag Petrovic, neurobiologiste au Karolinska Institute (Stockholm), a administré un anxiolytique à des volontaires. Puis, il leur a montré des images anxiogènes. Comme attendu, leur anxiété a diminué.

Un effet annulé lorsque les scientifiques leur ont donné un composé bloquant les récepteurs de ce médicament. Le lendemain, les sujets, croyant recevoir les mêmes traitements, ont en fait reçu des placebos. Résultat : persuadés qu'on leur délivrait l'anxiolytique, ils ont vu leur anxiété diminuer… puis augmenter à nouveau lorsqu'ils pensaient recevoir le composé aux effets inverses. Les chercheurs ont montré que l'effet placebo anxiolytique était lié à une activation des mêmes régions cérébrales que celles impliquée dans un autre effet placebo, l'analgésie placebo.

La méditation améliore l'acuité
En 2007, la neuroscientifique Heleen Slagter et Richard David-son, de l'université du Wisconsin, ont soumis 17 méditants, avant et après trois mois de retraite intensive de méditation, à la tâche dite du "clignement attentionnel" : ils devaient détecter, parmi une succession de lettres, deux chiffres présentés avec 300 millisecondes d'écart. La plupart du temps, le second passe inaperçu, la focalisation de l'attention sur le premier s'accompagnant d'une onde cérébrale, appelée P300, que l'on peut enregistrer grâce à des électrodes placées à l'arrière du crâne. Une limite que la méditation semble repousser : après leur entraînement, les sujets ont perçu plus souvent le deuxième chiffre et présenté une onde P300 plus faible, signes d'une attention plus globale et moins facilement distraite.
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Les informations publiées par NEUROSCIENCES ne se substituent en aucun cas à la relation entre le patient et son médecin traitant.